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REER ou CELI? Six aspects à considérer

Faut-il mettre votre argent dans un REER ou un Celi? (Inmagine)Dans un environnement où l’épargne se fait rare, le CELI et le REER sont souvent en compétition plutôt qu’en association. Pour savoir lequel choisir, voici 6 éléments à considérer.

1. La fiscalité

Il est prouvé que si le taux d’imposition est le même lors de la cotisation et du retrait, vous pouvez choisir indifféremment de cotiser au REER ou au CELI. Si vous pensez que votre taux d’imposition sera plus élevé lorsque les fonds seront retirés qu’au moment de la cotisation, le CELI s’avère être un meilleur choix. Si vous prévoyez être dans une fourchette d’imposition moins élevée à la retraite que durant les années où vous travailliez (hypothèse réaliste si vous ciblez d’avoir 70 % du revenu d’emploi ou pouvez fractionner les revenus de retraite avec le conjoint), alors le REER est préférable.

Cela étant dit, le taux d’imposition à lui seul n’explique pas tout. Il faut aussi considérer les crédits et autres avantages fiscaux liés au seuil de revenu. Les prestations fiscales pour enfant, le crédit pour la TPS, la pension de sécurité de vieillesse peuvent aussi influencer ce choix.

Ainsi, le CELI est une solution pour les personnes à faible revenu. Non seulement la déductibilité des sommes versées au REER est moins avantageuse pour elles, mais les revenus tirés d’un REER à la retraite réduisent le droit au supplément de revenu garanti.

Le CELI est aussi intéressant pour les personnes aisées dont les retraits du REER, lorsqu’elles seront à la retraite, leur feront perdre la pension de sécurité de vieillesse. Puisque la conversion du REER en FERR est obligatoire à l’âge de 71 ans, ce régime augmentera forcément le revenu imposable.

«Enfin, les jeunes en début de carrière, dont le taux d’imposition est bas devraient également privilégier le CELI, ajoute Denis L’Hostie, planificateur financier chez Banque Laurentienne. Avec les années, lorsque leurs revenus seront plus élevés, ils pourront peu à peu transférer ces sommes vers le REER, maximisant ainsi l’économie fiscale.»

2. La flexibilité
Vous n’avez pas de sécurité d’emploi, avez peu d’argent devant vous ou avez des projets qui nécessiteront une mise de fonds, tel le lancement d’une entreprise? Alors, optez pour le CELI.

«Non seulement vous n’aurez pas d’impôt à payer sur les sommes que vous y puiserez, mais vous pourrez en plus cotiser ultérieurement le montant des retraits, explique M. L’Hostie. Avec le REER, les retraits augmenteront votre facture fiscale, et les fonds retirés ne pourront jamais être remis dans le régime.»

De plus, les actifs détenus dans le CELI peuvent garantir un emprunt. Comme ils peuvent être retirés sans conséquences fiscales, ils peuvent facilement servir de caution. 

3. Un prêt cotisation
Vous êtes à court d’argent et comptez emprunter pour cotiser ? Cette stratégie peut être utilisée avec les deux régimes. Dans les deux cas, les intérêts payés seront non déductibles. Par contre, n’ayant pas de remboursement d’impôt avec le CELI, vous ne pourrez pas utiliser cette somme pour payer le prêt.

4. La protection
Votre objectif premier est d’épargner pour la retraite? «Le REER a l’avantage d’agir comme une barrière psychologique contre l’utilisation de l’épargne retraite puisque les retraits sont imposés», remarque Denis L’Hostie. La flexibilité du CELI pourrait en effet vous pousser à appliquer les sommes cotisées à l’achat de biens de consommation (ex. : voiture, électroménagers), mettant ainsi en péril vos projets de retraite.

En revanche, si vous craignez un divorce, plusieurs pensent que le CELI permet d’éviter le partage du fait qu’il existe un flou juridique au sujet de son statut au sein du patrimoine familial. Mais dans les faits, si, sentant que le couple vacille, vous vous mettiez soudainement à cotiser au CELI au lieu du REER, cela pourrait être soulevé par votre conjoint devant un tribunal. Et le juge pourrait croire que vous avez délibérément utilisé votre CELI pour éviter le partage et, par conséquent, vous forcer à scinder vos économies...

Ce sont les créanciers qui vous font trembler? « Eh bien, le REER est insaisissable en cas de faillite, exception faite des cotisations effectuées dans les 12 mois précédant la date de la faillite», dit le planificateur financier. Le CELI, lui, est saisissable, à moins d’avoir investi dans des produits offerts par les compagnies d’assurance, tels les fonds distincts.

5. Le fractionnement de revenu
Vous voulez mettre de l’argent au nom du conjoint ? Le CELI a l’avantage, contrairement au REER, de ne pas affecter votre limite de cotisation annuelle.

Les deux régimes, CELI et REER, permettent d’éviter les règles d’attribution, qui vous obligent à déclarer les revenus de placement lorsque vous faites un prêt sans intérêt ou donnez une somme à un proche pour qu’il investisse. Par contre, ces règles s’appliqueront, si les sommes cotisées au REER du conjoint n’y demeurent pas au minimum pendant trois 31 décembre consécutifs.

6. Le patrimoine familial
Votre santé s’est détériorée au point que vous appréhendez le pire? Vous devriez cotiser au CELI, car les droits inutilisés sont perdus au décès, contrairement au REER qui permet à la succession de cotiser après le décès.

« De plus, les sommes dans le CELI ne sont pas imposables au décès, mais les revenus qu’elles génèreront le deviendront, dit Denis L’Hostie. Les montants versés au REER, eux, sont imposables, sauf s’ils ont été légués au conjoint. »

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