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Les épargnants québécois sont dépouillés

L'épargne semble être la meilleure solution. (Corbis)La Banque du Canada n’a toujours pas modifié son taux directeur, qui reste à 1 %. Résultat: le rendement réel de l’épargne est maintenant négatif.

La crise financière de 2007-2009 a en effet complètement bouleversé le paysage financier. Le choc des prêts hypothécaires à risque, dont les séquelles sont encore ressenties aujourd’hui, en particulier en Europe et aux États-unis, a eu pour effet de freiner la croissance.

Pour la relancer, la Banque du Canada a abaissé son taux directeur à des niveaux historiques. Celui-ci a même touché un creux de 0,25% en 2009, pour ensuite remonter légèrement. Cette situation pénalise les épargnants.

Normalement, les taux d’intérêt sont supérieurs au taux d’inflation, ce qui permet de protéger le pouvoir d’achat. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui!

Le taux d’inflation en octobre dernier était de 1,9 % au Québec. De son côté, le rendement des obligations canadiennes de 10 ans se situe à 1,70 %. Et comme il s’agit d’un revenu d’intérêt, imposable à 100%, le rendement après impôt est encore moins élevé. En supposant un taux d’imposition de 40%, le rendement net d’impôt est de 1,02 %, ce qui donne un rendement négatif après inflation: -0,88%. 

En réalité, l’ensemble des placements à court terme affiche désormais un rendement après impôt inférieure à l’inflation. Par exemple, le compte d’épargne à intérêt élevé de la Banque Royale donne 1,20 %. Ses CPG rapportent 1,35 % sur un an et 2,05% sur 5 ans. Par surcroît, le rendement moyen des obligations corporatives à court terme est de 2,09%, selon les données d’iShares.

Les épargnants sont floués. Un retraité qui a amassé 1 million $ en pensant vivre des revenus «sécuritaires» tirés de son capital touchera aujourd’hui environ 20 000 $ par an, soit moins que le seuil de pauvreté.

De même, les jeunes qui économisent en vue de leur retraite doivent mettre les bouchées doubles. Car s’il était possible de doubler un montant en 10 ans avec un rendement de 7,5%, aujourd’hui, il faut compter 35 années… avec un rendement de 2%.

Que faire?


Face à cette situation, les solutions sont peu nombreuses. Les Québécois peuvent soit épargner davantage, soit se résigner à prendre des risques plus grands avec leur argent… Ou encore, ils peuvent ne rien faire et espérer que le contexte change.

Cette dernière solution offre toutefois peu d’espoir puisque les observateurs n’entrevoient pas une hausse prochaine de taux. Les problèmes persistants de la zone euro et l’incertitude qui pèse sur les États-unis, principal partenaire commercial du Canada, n’augurent rien de bon pour la croissance économique future du pays.  

Au surplus, la politique monétaire n’est pas la seule à dépouiller les épargnants. Très souvent, elle s’accompagne d’un alourdissement du fardeau fiscal… comme celui qui a frappé récemment les Québécois les plus fortunés.

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