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Faut-il croire au rebond de RIM?

Le grand patron de Research in Motion, Thorsten Heins, lors d'une présentation sur le BlackBerry 10. (Reuters)Research In Motion, dont plusieurs prédisaient encore récemment la disparition, a vu son action bondir de 40,6 % depuis le début de l’année et de 141 % depuis son creux en septembre 2012.

La publication de plusieurs rapports d’analyste favorables (Banque Nationale, Banque Royale, Goldman Sachs), largement repris par les médias, a enclenché cette flambée boursière. Mais qu’est-ce qui fait tant saliver les investisseurs?

D’abord, il y a la nouvelle plateforme de gestion du parc mobile des grandes entreprises et des gouvernements, lancée le 23 janvier dernier. En plus d’être une source additionnelle de revenu, elle pourrait, selon plusieurs, renforcer le positionnement de RIM dans la niche des clients d’entreprise, où le fabricant occupe déjà une place dominante grâce à la sécurité de ses appareils. 

Des espoirs sont aussi soulevés par le lancement imminent du Blackberry 10, un téléphone intelligent qui aura des milliers d’applications… et qui ressemblera à l’iPhone. Todd Coupland, analyste chez CIBC, anticipe qu’un bon nombre des 80 millions d’utilisateurs voudront migrer vers cet appareil. Les opérateurs de mobile, quant à eux, le préfèrent parce qu’il utilise moins de bande passante et est, par ricochet, moins coûteux.

Ensuite, il y a la cession possible de la division de fabrication d’équipement. RIM se concentrerait ainsi sur la conception d’appareils et sur le développement et la vente de logiciels, des activités plus lucratives. Le PDG a clairement manifesté son désir de vendre cette division. Et le groupe chinois Lenovo a fait part de son intérêt.

Ces événements ont déjà permis à l’action de faire un bon bout de chemin. Mais à 16,27 $ (clôture du 29 janvier), le cours demeure inférieur à la valeur liquidative (valeur aux livres) de la compagnie, qui est de 17,97 $. En comparaison, le titre d’Apple se transige à quatre fois la valeur aux livres. Notons aussi que les revenus de RIM sont le douzième de ceux du géant américain.

Le fabricant canadien a donc la possibilité d’améliorer sensiblement ses résultats en grugeant des parts de marché. Un milliard de plus inscrit à la ligne des revenus représente une hausse de 8 %, comparativement à + 0,6 % pour Apple.

Des opposants
Cela dit, beaucoup d’analystes du secteur (Citibank, Wedge Partners, Raymond James) restent sceptiques. Leur crainte découle du fait que RIM lutte contre des titans. Des noms comme Apple, Google, Samsung, Microsoft, Nokia…

Pour mieux illustrer le challenge, disons simplement que le fabricant canadien, dont la capitalisation boursière tourne autour de 9 milliards, est 53 fois plus petit qu’Apple. Difficile de rivaliser lorsque la différence de force est aussi grande.

Sa tablette électronique Playbook et ses derniers téléphones intelligents n’ont d’ailleurs pas obtenu le succès escompté. Les parts de marché de l’entreprise sont même passées de 19,9 % en 2009 à 5,1 % en 2011. Cette difficulté apparente à suivre la cadence a fait dire à Ehud Gelblum, analyste chez Morgan Stanley, que «le retard sera difficile à rattraper».

Qui plus est, les analystes n’ont aucune certitude de succès. Le prix, les ventes et la marge bénéficiaire des nouveaux produits ne sont pas encore connus. Lenovo n’a pas non plus déposé une offre d’achat officielle. Et même si celle-ci survenait, elle serait scrutée à la loupe par le gouvernement canadien qui supervise les acquisitions étrangères.

Bref, la montée en flèche des derniers mois est de nature purement spéculative. Et cette spéculation est plus risquée au cours actuel, qui se rapproche de la cible de 17 à 20 $ que plusieurs analystes optimistes se sont fixés. Il est donc plus facile d’engranger des pertes à ce niveau et plus difficile de faire des gains. Et le chrono est déjà en marche… Ce qui signifie que plus l’entreprise tardera à marquer des points, plus elle perdra des plumes.

Mais en bout de ligne, c’est à vous de faire votre choix…

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