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Penny stocks: petit prix, méga risque!

Investir en bourse ne se fait pas sur le coup de rumeurs. (Corbis)Investir en Bourse avec des actions à très bas prix? L’idée paraît séduisante, mais attention, il n’existe aucun rapport entre le prix d’une action et le niveau de risque de l’investissement qu’elle représente.

Bien au contraire. Les penny stocks (ou les cent stocks, ou encore les penny shares au Royaume-Uni), c’est un peu le Dollarama du marché des actions. Par définition, ce sont des parts de sociétés dont la valeur est inférieure à un dollar ou à une livre sterling.

Mais alors que l’on va au Dollarama acheter un tas de gadgets précisément parce qu’ils sont offerts à très bas prix, ce n’est pas de cette façon qu’il faut envisager d’investir en Bourse.

Un petit côté informel
C’est chez nos voisins du Sud que le concept des penny stocks est le plus développé. Ce type d’actions s’y négocie dans un système peu réglementé, parallèle à celui de la Bourse, dans lequel les transactions se font directement de gré à gré entre deux entités.

Au Canada, les penny stocks s’échangent de façon plus officielle, puisque ces valeurs sont inscrites comme toutes les autres au TSX, le grand indice de la Bourse de Toronto. Mais elles gardent un petit côté souterrain du fait que leur commerce repose beaucoup sur le bouche-à-oreille, souvent une rumeur autour d’une invention géniale.

«Ce qui donne aux gens l’idée d’acheter des penny stocks, c’est généralement le beau-frère d’un ami de la femme d’un collègue qui a entendu dire que telle entreprise toute jeune va faire un tabac avec son produit révolutionnaire», explique Daniel Leduc, conseiller en sécurité financière.

De fait, les penny stocks sont généralement les parts d’entreprises qui démarrent tout juste et qui n’ont pas encore de revenu, comme une pharmaceutique qui développe un nouveau médicament ou une société d’exploration minière… D’où leurs très bas prix.

Ce sont par conséquent des produits très volatils et hautement spéculatifs qui attirent avant tout les investisseurs prêts à prendre des risques pour des bénéfices élevés et rapides… ou des inconscients. Quoi qu'il en soit, un investisseur avisé ne placera jamais plus de 5 à 10 % de son portefeuille dans ce type d’actions, rappelle formellement M. Leduc.

Victimes faciles
Au-delà des risques liés à la qualité de l’entreprise elle-même, le côté informel du marché des penny stocks ouvre la porte à de nombreuses arnaques.

Qui dit très faible coût unitaire dit très faible capitalisation boursière, ce qui fait de ces valeurs la proie idéale des manipulateurs, qui peuvent s’offrir à peu de frais de larges parts d’une entreprise.

«Le coup classique, ce sont les arnaques du style «Pump and dump» (gonfle et largue), explique M. Leduc. Dans ce schéma, des investisseurs peu scrupuleux acquièrent tout ou une grande partie du capital d’une entreprise, puis font courir des rumeurs positives au sujet du potentiel d’appréciation du titre. Ils vendent quelques actions pour maintenir la pression et faire monter les prix, puis se débarrassent brutalement de tout ce qu’ils ont à des coûts bien supérieurs au coût d’achat. Automatiquement, le cours de l’action s’effondre, aussi bien à cause du flot d’actions qui se retrouvent sur le marché qu’à cause de la révélation des informations financières truquées. Les investisseurs honnêtes perdent alors presque toute leur mise.»

Ce genre de fraude est grandement facilité par l’information officieuse, de type bouche-à-oreille, qui entoure le marché des penny stocks. «Et c’est encore plus simple de lancer de fausses rumeurs aujourd’hui avec Internet», précise M. Leduc.

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