Blogue Finance de Yahoo Québec

Le Web, une toile de mensonges?

Qui dit vrai sur le web? (Corbis)Hommes-sandwichs, femmes à roulettes, quais du métro, salles de bain dans les bars. La publicité est partout! Et pourtant...

Pour vendre plus aujourd’hui, l'industrie se «déguise» en simple citoyen. L’organisme Option consommateurs vient de publier une étude sur la publicité masquée sur le web.

L’étude, intitulée Blogueur ou annonceurs, identité des publicitaires sous couvert, identifie deux façons distinctes pour les compagnies privées de flouer les internautes: les flogs et les astroturfs

Les flogs, un amalgame entre faux et blogues, sont des sites où un soi-disant citoyen essaie d’attirer l’attention des lecteurs vers un produit ou un service. Quant aux astroturfs, aussi appelés sockpuppeting, ils sont encore plus difficiles à déceler. Il s’agit cette fois de créer une identité fictive pour faire l’éloge ou la défense d’une compagnie, d’un produit.

Des commentateurs de ce genre prolifèrent sur les médias sociaux, forums ou sites de consommation.

Dans ces deux cas, au-delà de la motivation personnelle se cache un annonceur qui paie et oriente le blogueur ou commentateur. Bref, l’idée pour la compagnie privée est d’utiliser une identité de monsieur-madame-tout-le-monde pour ne pas déclarer explicitement son intention: voir ses chiffres de ventes grimper.

Nouvelle ampleur

Ces ruses ne datent pas d’hier. Un des cas les plus célèbres d’astroturf remonte à 1993. De supposés fumeurs avaient fondé la National Smoker’s Alliance pour, supposément, lutter contre les lois antitabac américaines. L’industrie du tabac avait orchestré la campagne de relations publiques, plus tard démasquée et dénoncée.

L’anonymat et l’étendue du web ont cependant fait tomber les barrières à ce genre de pratique. C’est aujourd’hui l’envergure du phénomène qui inquiète Option consommateurs.

Interrogé dans le cadre de cette recherche, Jeff Hancock, professeur au département de communication de l’Université Cornell aux États-Unis, avance en effet que 10 à 20 % des contributions sur le site tripadvisor.com seraient des astroturfs.

Un hôtel par exemple pourrait augmenter son classement sur le site de voyage avec très peu de ressources: s’attribuer un score élevé et des commentaires positifs à plusieurs reprises et le tour est joué ! Une proportion suffisante pour biaiser le jugement de l’internaute qui croit être conseillé.

Un exemple de flog récent et québécois? Le blogue «À vélo citoyens», qui en 2008 présentait trois «cyclistes» amateurs montréalais. Les trois citoyens faisaient mine d’avoir obtenu en grande primeur une photo du prototype Bixi. On apprenait plus tard que la firme Morrow Communications avait créé ce blogue pour promouvoir l’arrivée de Bixi.

Solution?

Des outils techniques pour distinguer le vrai du faux n’existent pas encore. Le flair ou l’intuition ne sont pas non plus suffisants à débusquer ces publicités masquées. Sans devenir paranoïaque, Option consommateurs recommande de s’en remettre à son réseau connu, ou encore à des publications ayant bâti leur crédibilité au fil du temps.

L’organisme de défense des droits des consommateurs prône aussi la mise en place d’une règlementation spécifique, analogue à celles américaine et britannique.

L’industrie aurait intérêt à contrôler elle-même ces pratiques. Sans quoi, avertit Option consommateurs, le cynisme pourrait finir par s’installer. Ces plateformes publicitaires pourraient ainsi être désertées par les consommateurs qui en ont marre de douter de tous les avis.

Cours

 
Cours récents
Symbole Prix Changer % Var. 
Les derniers symboles vus seront automatiquement affichés ici si vous entrez un symbole dans « Entrer symbole/entreprise » au bas de ce module.
Vous devez activer les cookies dans votre navigateur pour voir les plus récents cours.
 
Ouvrir une session pour afficher les cours dans vos portefeuilles.