Blogue Finance de Yahoo Québec

Intimidation au travail: un problème réel

45 % des employés canadiens se disent victimes d'intimidation au travail. (Photo: Corbis)Un collègue ou un supérieur hiérarchique vous rend la vie impossible? L'atmosphère qui règne au travail vous pèse-t-elle au point que vous préféreriez quitter votre emploi plutôt qu'affronter directement le problème? Si c'est le cas, vous n'êtes pas seul.

Selon les résultats d'une étude récente de CareerBuilder.ca, 45 % des employés canadiens se disent victimes d'intimidation au travail. Un tiers d'entre eux souffrent de problèmes de santé associés et 26% ont pris la décision de démissionner pour y échapper.

Selon Mark Bania, directeur général de CareerBuilder.ca à Toronto, l'intimidation ne figure sans doute pas en tête des priorités des sociétés canadiennes. Mais d'après les études menées aux États-Unis, les entreprises auraient tort de négliger l'ampleur du phénomène de ce côté-ci de la frontière. En l'absence de mesures, l'intimidation peut avoir des répercussions préjudiciables sur la productivité et le moral de tous les employés.

«L'intimidation en milieu de travail se définit de nombreuses façons. Les victimes peuvent simplement se sentir ignorées (49% des personnes interrogées), avoir le sentiment que les mêmes règles ne s'appliquent pas à tous (50 %) ou encore être victimes de commérage (29%), explique-t-il. Les formes d'intimidation sont particulièrement diverses et variées. Au bout du compte, c'est une question de perception.»

L'enquête commanditée par CareerBuilder.ca a été menée en ligne par Harris Interactive en mai dernier. Plus de 550 employés ont été interrogés au pays. Les résultats suggèrent que près de la moitié d'entre eux n'osent pas tenir tête et que la plupart des incidents ne sont pas signalés.

Réagir face à l'intimidation

«Le sujet revient régulièrement sur le tapis lorsque je m'entretiens avec des membres de notre personnel permanent et temporaire dans tout le Canada, souligne Nadia Ciani, vice-présidente des ressources humaines et des communications chez ManpowerGroup Canada. Lorsque le problème se présente, il est d'abord essentiel de ne pas porter de jugement. Parfois, les cas d'intimidation sont trop vite balayés du revers de la main. Recueillez objectivement les faits, sans laisser la place à l'émotionnel. Cette approche permet de comprendre les différentes perspectives et d'évaluer la situation.»

Souvent, les incidents s'expliquent par des modes de communication différents et une méconnaissance du sentiment d'intimidation. Nadia Ciani ajoute qu'il ne s'agit que d'un aspect d'un problème plus général.

«Au Canada, l'évolution de la législation relative à la santé et à la sécurité occupe tous les esprits. L'intimidation s'inscrit dans un cadre beaucoup plus large. Au Québec, l'ajout du harcèlement psychologique dans la législation sur la santé et à la sécurité illustre parfaitement cette tendance, explique-t-elle. Le vaste sujet de la santé mentale et générale des employés fait l'objet de discussions et l'intimidation en est une composante.»

Pour Gina Ibghy, vice-présidente des ressources humaines et du développement organisationnel chez Randstad Canada, la question de l'intimidation en milieu de travail est souvent balayée sous le tapis.

«Un problème endémique passé sous silence? Oui, tout à fait, affirme-t-elle. Certains prennent l'intimidation à la légère. Des actes perçus comme de l'intimidation, par exemple le fait de ne pas être envisagé pour une promotion ou d'être ignoré, laissent planer le doute sur la part de responsabilité de la victime.»

«La personne qui dit subir des brimades a-t-elle fait le nécessaire pour s'affirmer? Si c'est le cas, il convient de tenir un journal daté. Hormis les cas d'abus flagrants qui entrent dans une tout autre catégorie, l'intimidation ne se limite pas à un événement isolé.»

Gina Ibghy ajoute que l'intimidation s'explique par des causes sous-jacentes et que le phénomène trouve sa source au sommet de la pyramide hiérarchique.

«Du point de vue des ressources humaines et du développement organisationnel, il faut se demander comment l'entreprise contribue au perfectionnement de ses leaders. Certains employés se livrent à des actes d'intimidation car les dirigeants ferment les yeux. Il existe une corrélation directe entre ce problème et le modèle de responsabilité de l'entreprise, explique-t-elle. La plupart des sociétés publient des énoncés de mission sur leur site Web, mettent en avant leur culture et affirment croire en des valeurs louables. En réalité, à quel point inculquent-elles et exigent-elles l'application de ces valeurs? »

Quelques conseils

Si vous vous sentez victime d'intimidation en milieu de travail, voici trois conseils:

  • Consignez tous les incidents en prenant note du lieu, de l'heure et des personnes présentes.
  • Envisagez de parler avec l'intimidateur, en vous appuyant sur des exemples qui illustrent un traitement injuste.
  • Concentrez-vous toujours sur la résolution du problème. Lorsque vous donnez des exemples à l'auteur des intimidations ou à un supérieur hiérarchique, axez la discussion sur les pistes d'amélioration ou sur d'autres approches possibles.
«Lorsque 45% des personnes interrogées affirment avoir été victimes d'intimidation et qu'un tiers d'entre elles souffrent de problèmes de santé associés, on ne peut s'empêcher de penser aux répercussions considérables sur les résultats de l'entreprise, ajoute-t-il. Ces chiffres sont ahurissants. Il est inadmissible de rester les bras croisés. Il faut remédier à ces problèmes.»

Ce texte est une traduction de Workplace bullying: Time to tackle head on, publié sur le blogue Insight de Yahoo! Finance Canada.

Cours

 
Cours récents
Symbole Prix Changer % Var. 
Les derniers symboles vus seront automatiquement affichés ici si vous entrez un symbole dans « Entrer symbole/entreprise » au bas de ce module.
Vous devez activer les cookies dans votre navigateur pour voir les plus récents cours.
 
Ouvrir une session pour afficher les cours dans vos portefeuilles.