G20 : Réduction du déficit, mais sans altérer la croissance

Les pays membres du G20 vont s'accorder une marge de manoeuvre plus importante pour atteindre leurs objectifs en termes de déficits, afin de faire en sorte que l'austérité n'étouffe pas la croissance, selon un projet de communiqué rédigé lundi à l'occasion de la réunion de leurs ministres des Finances et des gouverneurs de leurs banques centrales.

Le projet de communiqué indique toutefois que les membres de l'organisation vont faire en sorte que leurs finances publiques prennent un chemin raisonnable.

Les pays du G20 avaient annoncé en 2010 à Toronto leur objectif de réduire leurs déficits budgétaires de moitié d'ici la fin 2013. À l'époque, l'économie mondiale semblait sur la voie de la reprise, après la crise financière de 2008. L'économie mondiale vit cependant actuellement un ralentissement économique généralisé.

Les États-Unis et l'Europe font peur

Lors de la réunion de deux jours, qui s'est terminée lundi à Mexico, les grands argentiers du G20 ont partagé leurs craintes quant aux finances des États-Unis et de la crise européenne.

Le problème américain a été au premier plan. Si aucun accord n'intervient au Congrès d'ici la fin de l'année sur la hausse du plafond de la dette, des hausses d'impôt et une réduction de dépenses entreront automatiquement en place le 1er janvier 2013, ce qui menace de faire dérailler la timide reprise économique dans le pays.

Si aucun accord n'intervient au Congrès d'ici la fin de l'année sur la hausse du plafond de la dette, des hausses d'impôt et une réduction de dépenses entreront automatiquement en place au 1er janvier 2013, ce qui menace de faire dérailler la timide reprise économique dans le pays.

« Si les États-Unis ne règlent pas ce problème de mur budgétaire, l'économie américaine, mais aussi l'économie mondiale et l'économie japonaise seront affectées, a déclaré le gouverneur de la Banque du Japon, Masaaki Shirakawa. Chaque membre du G20 va donc presser les États-Unis de faire vite », a-t-il ajouté, dimanche.

Le ministre canadien des Finances, Jim Flaherty, estime que la nécessité d'un accord aux États-Unis présentait plus de risques à court terme pour l'économie mondiale que la crise de la dette en zone euro.

L'Europe est aussi une source de préoccupations pour les responsables des finances et des banques des pays du G20. La zone euro en est à sa troisième année de crise, au moment où la Grèce ne parvient toujours pas à s'extirper d'une profonde récession et que l'Espagne pourrait demander un plan d'aide.

Les problèmes économiques de l'Espagne ont d'ailleurs été au menu d'une rencontre dimanche soir, au cours de laquelle le ministre des Finances espagnol, Luis de Guindos, a présenté les réformes réalisées par son gouvernement.

Selon un haut responsable présent à la rencontre, malgré une « reconnaissance » des avancées des derniers mois en Europe, « il y a aussi, sinon une impatience, une forte demande de voir tout ça se mettre en place de manière effective et concrète ».

Évasion fiscale

Par ailleurs, le Royaume-Uni et l'Allemagne ont proposé lundi que les principales économies de la planète s'engagent dans une lutte contre certaines formes d'évasion fiscale qui permettent à des multinationales de ne payer que très peu d'impôts.

Dans un communiqué commun, le chancelier de l'Échiquier, George Osborne, et le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble, précisent que les normes internationales en matière de fiscalité des entreprises ont du mal à suivre les nouvelles évolutions dans certains domaines, comme le développement du commerce sur Internet.

Ces évolutions « permettent à certaines entreprises multinationales d'échapper à la taxation de leurs profits dans les juridictions où ils sont générés, minimisant ainsi leurs versements au fisc par rapport à des sociétés plus petites et moins internationales ».

MM. Osborne et Schaüble ont précisé que leurs propositions, dont le détail n'est pas connu, avaient été transmises pour étude à l'OCDE, dont le rapport sera rendu lors de la prochaine réunion ministérielle en février prochain à Moscou.

Radio-Canada.ca avec SIPA, AFP et Reuters

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