Budget C.-B. : hausses d'impôts pour atteindre l'équilibre 

Le ministre des Finances de la Colombie-Britannique compte éponger le déficit provincial de 1,2 milliard de dollars au cours des trois prochaines années.

Dans son budget déposé mardi, Mike De Jong promet des surplus pour les trois années de son plan fiscal 2013-2016, qu'il atteindrait en réduisant les  dépenses et augmentant les revenus d'imposition des particuliers et des entreprises.

Une hausse des impôts sur les sociétés de 1 % entrerait en vigueur le1er avril 2013. Ce taux d'imposition passera de 10 à 11 %.

Une hausse d'impôt temporaire sur le revenu de 2,1 % est aussi prévue pour les individus dont le salaire annuel est de plus de 150 000 dollars par année. La hausse serait éliminée après deux ans.

Le gouvernement prévoit également réduire les budgets de 9 de ses 17 ministères au cours des trois prochaines années, et garder les augmentations prévues aux autres, sauf pour la Santé, les Affaires autochtones et l'Agriculture, sous le seuil de l'inflation.

De nouveaux investissements ont également été annoncés pour aider financièrement les familles.

Le ministre des Finances prévoit l'octroi de bourses de 1200 $ dans un fonds d'épargne-études pour les enfants de plus de 6 ans, et une allocation familiale mensuelle de 55 $ par enfant aux familles dont le revenu annuel est moins de 100 000 $.

Le gouvernement promet également d'investir 1 million de dollars dans un programme nutritionnel qui donne aux enfants un meilleur accès aux fruits et aux légumes pendant leurs repas à l'école.

Mais, « nous ne dépenserons pas l'argent que nous n'avons pas », a déclaré M. de Jong.

La santé plus chère

Le gouvernement augmentera de 4 % les primes du régime de santé Medical Services Plan (MSP) à partir de janvier 2014 et rendra 2 $ plus chers les cartouches de cigarettes dès le 1er octobre 2013.

Mike de Jong a rappelé que le gouvernement avait introduit des mesures pour réduire les dépenses de santé, dont un test de dépistage du cancer colorectal et une baisse du prix des médicaments génériques.

La province vendra aussi une centaine de propriétés, dont des terrains à Vancouver, Victoria, Surrey, et Kamloops.

La vente de 16 de ces biens est en négociation et devrait rapporter environ 260 millions de dollars.

« Ils réduisent le budget en effectuant des ventes au rabais. Ce n'est pas la bonne méthode », s'insurge John Cummins, le chef du Parti conservateur.

Son point de vue est partagé par Jim Sinclair, le président de la Fédération des travailleurs de la Colombie-Britannique. « C'est comme vendre sa maison pour payer ses dettes », dit-il.

Dans son discours, le ministre a souligné que les cadres supérieurs ont vu leurs salaires gelés et que des audits ont été effectués de manière « agressive » sur des sociétés d'État afin de contrôler les dépenses.

Un traditionnel allié du gouvernement peu satisfait

Le président de la Chambre de commerce de la Colombie-Britannique, John Winter, applaudit cet effort d'équilibre financier, y compris les hausses d'impôt temporaires, mais dénonce le fait que rien n'existe pour faciliter la transition vers un monde sans Taxe de vente harmonisée (TVH) qui deviendra une réalité à partir du 1eravril prochain.

« C'est probablement la hausse d'impôt la plus importante que nous ayons connue, a déclaré M. Winter. Nous avons besoin de quelque chose pour atténuer le coup ».

Des marchés diversifiés

Le ministre des Finances a également rappelé que la province exporte 45 % de ses produits aux États-Unis, alors que ce pourcentage était de 70 % en 2001.

« Nous réussissons à diversifier nos marchés », a expliqué M. de Jong, en faisant état des échanges commerciaux avec la Chine qui ont augmenté de presque 20 % depuis 2012.

« Ce n'est peut-être pas un budget préélectoral », a clarifié M. de Jong, qui doit faire face à l'électorat lors d'élections provinciales en mai prochain. « Il est toujours possible de remettre à plus tard les décisions difficiles, mais le problème est que demain n'arrive jamais ».

« Ce que nous avons déposé est un plan modeste réalisable », a-t-il ajouté.

Mauvaise prévisions de revenus

Afin de répondre aux nombreuses critiques du plan du gouvernement d'atteindre l'équilibre budgétaire, le libéral Mike De Jong avait commandé un examen indépendant de son budget auprès de l'ancien chef économiste de la Banque de Montréal, Tim O'Neill.

L'examen a été rendu public lundi.

Tim O'Neil avait approuvé le document de façon générale, mais a clairement fait savoir que les revenus envisagés à partir du gaz naturel avaient été surestimés, comme ils l'ont été durant cinq des huit dernières années.

Des fonctionnaires du ministère des Finances ont alors revu leurs projections qui étaient trop élevées d'environ 70 millions de dollars.

« Nous avons dû agir rapidement pour inclure de nouveaux chiffres dans le budget », avait admis Mike de Jong lundi.

Méfiance de l'opposition

Le porte-parole de l'opposition néo-démocrate en matière de finances, Bruce Ralston, espérait lundi en savoir davantage sur comment les libéraux entendaient se fier aux actifs de la province pour équilibrer son budget.

« À savoir si cela est réaliste, ou si ces propriétés de l'État seront vraiment vendues et si l'argent récolté se verra vraiment dans le budget, c'est une autre histoire », a-t-il laissé tomber.

Le dévoilement du budget arrive trois mois avant les élections provinciales prévues le 14 mai.

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