Bombardier optimiste

L'annonce mercredi d'un report de six mois du premier vol du CS-100, le nouvel avion de 110 places de la C-Series, aurait dû déprimer la direction de Bombardier et la pousser à se confondre en excuses, ce qui n'a pas été le cas.

Au contraire, Pierre Beaudoin, le président et chef de la direction, s'est montré optimiste et confiant quant à l'avenir de cet avion. Il est convaincu, bien que pas absolument certain, que le nouveau calendrier de lancement peut tenir la route.

Un optimisme sincère

Mercredi, lors de la publication des résultats trimestriels, qui est toujours accompagnée d'une conférence téléphonique avec les analystes, la première chose qui frappait c'est le ton résolument optimiste de Pierre Beaudoin.

Évidemment, il a affirmé que la responsabilité du report du premier vol du CS-100 n'incombe pas à Bombardier, mais plutôt à des fournisseurs non identifiés qui ont de la difficulté à livrer certains ensembles complexes. M. Beaudoin a toutefois admis que son entreprise avait parfois encouru des retards dans la production de certains plans détaillés, ce qui fait que la responsabilité du retard est quand même partagée.

Pierre Beaudoin ne semble pas craindre que ce report amène certains clients à retarder leur décision de commander le nouvel avion. Des annonces seraient même attendues avant le premier vol. Ces déclarations n'ont toutefois pas convaincu tous les analystes, qui continuent de craindre des reports additionnels.

Un CS-300 de 160 sièges

La version normale du CS-300, le plus gros des deux avions de la C-Series, est conçue pour transporter de 130 à 145 passagers. On a appris mercredi qu'une nouvelle version à « haute densité » du CS-300 faisait maintenant partie du catalogue de vente. Il s'agit d'une version pouvant transporter 160 passagers grâce à l'utilisation de nouveaux sièges extra-minces. De plus, l'espacement entre les sièges a été réduit. Certaines compagnies asiatiques, des compagnies à bas coût notamment, auraient manifesté un grand intérêt pour ce genre d'appareil.

La Russie et Delta

Au cours des dernières semaines, les rumeurs autour de la Russie se sont multipliées. Ces rumeurs parlaient même d'assemblage du Q-400 en Russie. Pierre Beaudoin a confirmé que des pourparlers étaient en cours, mais il est resté très vague sur leur nature. L'élément nouveau est qu'il a longuement insisté sur l'importance du marché russe pour Bombardier. On espère notamment y vendre des Q-400 et des avions régionaux à réaction (CRJ). Monsieur Beaudoin a insisté sur le fait que Bombardier avait déjà revendu aux compagnies russes une centaine de vieux CRJ-200 de 50 places.

Ce marché est important pour Bombardier, puisqu'un millier de CRJ-100 et 200 ont été produits depuis 1992. La compagnie montréalaise pourrait d'ailleurs en récupérer plusieurs dizaines de plus si elle obtient le contrat pour le renouvellement de la flotte d'avions régionaux de Delta. Bombardier souhaite vendre à Delta son CRJ-700, et en contrepartie, elle accepterait de reprendre un certain nombre de CRJ-200. Pierre Beaudoin s'est d'ailleurs montré très sûr d'obtenir ce contrat.

L'appétit des transporteurs russe pour le CRJ-200 permet sans doute à Bombardier d'offrir ses avions à Delta à des prix qu'Embraer ne peut pas égaler.

Un texte de Daniel Bordeleau

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