La réputation de mauvais garçon des médias sociaux que s'est forgée Facebook ne semble pas vouloir faiblir ces jours-ci.
Sous prétexte de vouloir encourager davantage d'utilisateurs à utiliser ses services de messagerie, Facebook a cru bon de modifier l'adresse courriel par défaut de millions de personnes et d’imposer une adresse facebook.com.
Ce changement a eu un impact beaucoup plus malheureux pour les utilisateurs de téléphones intelligents qui avaient configuré leur appareil de manière à synchroniser automatiquement leurs contacts avec leur compte Facebook. De nombreux messages ont été perdus lors de l'envoi de courriels à des boîtes de réception facebook.com qui n'avaient jamais été activées.
Ce n'est pas de cette façon que Facebook se fera des amis hauts placés, et ce, après une introduction en bourse plutôt difficile.
Et pourtant, l'entreprise pourrait éliminer tous ces désagréments d'un seul coup en acquérant une partie de Research In Motion ou, du moins, en concluant un partenariat avec le fabricant du BlackBerry… qui est lui-même à la croisée des chemins.
Oui, cela semble poussé. Pour une entreprise qui ne cesse de commettre des faux pas et qui se demande souvent pourquoi on ne la respecte pas davantage, une telle stratégie pourrait facilement redorer son blason. Voici pourquoi :
1 – Crédibilité de l'entreprise
Personne ne prend Facebook au sérieux. Les gens mettent leur statut à jour, envoient des «pokes» à leurs amis, s'occupent de leur récolte dans Farmville et se plaignent du Journal. Plusieurs entreprises ne voient pas Facebook comme un partenaire de confiance à long terme parce que l’entreprise ne semble pas avoir un vrai plan d'affaires.
Un partenariat avec RIM donnerait instantanément à Facebook la crédibilité dont il a besoin alors qu'il tente d'identifier des moyens pour accroître ses revenus futurs et de convaincre les investisseurs qu'il est une entreprise sérieuse. Facebook, très axé sur les particuliers, profiterait aussi de la réputation de RIM auprès des entreprises.
L'acquisition de Yammer par Microsoft, une transaction de 1,2 milliard $, est une indication claire que le réseautage social en entreprise est le nouvel eldorado. Si Facebook n'ouvre pas les bras aux entreprises, il pourrait ne jamais trouver sa place dans la cour des grands.
2 – Confidentialité
Facebook n'est pas reconnu pour sa confidentialité et sa sécurité. Sa culture interne, dont l'objectif est de fournir une plateforme ouverte qui encourage les interactions sociales, donne souvent l'impression que l’entreprise ne se préoccupe pas des exigences organisationnelles en matière de confidentialité et de contrôle de données. Malgré des prises de bec à répétition avec des organismes gouvernementaux (dont celle, médiatisée, avec la commissaire à la protection de la vie privée), Facebook s'obstine à imposer à ses utilisateurs des modifications souvent négatives de ses paramètres.
Un partenariat avec RIM aiderait Facebook à se débarrasser de son image d'entreprise qui ne fait rien de positif et lui permettrait de bâtir des relations de confiance dans le monde des affaires. Les grandes entreprises n'apprécient guère les fournisseurs qui jouent à la roulette russe avec les données de leurs clients.
3 – Mobilité
Facebook est profondément ancré dans le Web. En fait, l’entreprise s'est développée avant que la mobilité ne devienne aussi populaire. C'est pourquoi Facebook a eu de la difficulté à prendre le virage de la mobilité: ses applications ont non seulement mis du temps à être développées, mais contiennent souvent des bogues et offrent peu de fonctionnalités.
Contrairement à Apple et Google, qui ont su développer des environnements solides pour appuyer leurs solutions, Facebook n'utilise que des logiciels et n'a donc aucun contrôle sur l'expérience mobile de l'utilisateur. Son avenir restera incertain tant qu’il ne réussira pas à développer ou acquérir de nouvelles ressources (matérielles, logicielles et réseautiques).
4 – Matériel
De plus en plus, les entreprises se concentrent sur l’expérience verticale, c’est-à-dire à créer leur propre matériel pour contrôler l'expérience de l'utilisateur final ainsi que les revenus publicitaires qu'elle génère.
Facebook travaille sérieusement à la conception de son propre téléphone intelligent. Un partenariat avec RIM lui permettrait d'accélérer considérablement sa mise en œuvre, car il n'aurait pas à franchir les dangereuses étapes initiales de l'élaboration d'un service de soutien, nécessaire à une toute nouvelle plateforme.
La plateforme de RIM, déjà en place, a fait ses preuves. Son utilisation par Facebook lui permettrait de différencier son offre de manière efficace puisque son téléphone ne consisterait alors pas simplement en un énième appareil Android.
5 – Revenus liés aux abonnements/à la diversification
Bien que l'entreprise ait généré des revenus de 3,7 milliards $ en publicité l'an dernier, cela n'a pas été suffisant pour rassurer ses actionnaires et stimuler sa croissance. L'incertitude quant à la capacité de Facebook d'accroître ses revenus publicitaires explique la faible performance du titre, depuis son entrée en bourse.
La branche des services de RIM lui a rapporté environ 4 milliards $ en revenus d'abonnement l'an dernier, ce qui représente une source de revenus à long terme bien plus stable et qui, grâce aux licences appropriées, pourrait devenir encore plus rentable si la plateforme s'étend au-delà du BlackBerry.
Il faut toutefois être réaliste. Une collaboration entre Facebook et RIM aurait sa part de problèmes liés à la culture et à la compatibilité des deux entreprises.
Mais le potentiel est là! Et il est trop fascinant pour être ignoré.
Cet article est une traduction de 5 reasons Facebook should buy RIM, publié sur le blogue Insight, de Yahoo! Canada.


