Le site de recherche d’emploi bien connu Jobboom vient de lancer son pendant pour les pigistes. Celui-ci s’ajoute à une panoplie de plateformes qui mettent déjà en relation contractuels et employeurs. Mais pour un pigiste, est-ce le meilleur moyen de développer son réseau de clients ?
La multiplication des sites de pigistes n’est pas étonnante si on jette un coup d’oeil aux données de Statistique Canada. Entre 1991 et 2011, le nombre de contractuels au Canada est passé de 1,89 million à 2,67 millions.
Certains secteurs sont plus touchés que d’autres. Par exemple, Randstad Canada, une entreprise spécialisée en recrutement et placement de personnel, affirme avoir observé une hausse 31 % pour la demande de contractuels en TI entre janvier 2011 et janvier 2012.
Pour répondre à cette demande croissante, on a vu apparaître de nombreux sites Web. Certains sont généralistes, comme Jobboom Pigistes ou Agent Solo. D’autres sont spécialisés, comme le site L’entremetteuse, dédié aux professionnels des communications ou encore Pigiste Québec, une référence dans le monde de l’audiovisuel … depuis 1997.
Parmi les quelques personnes sondées pour ce billet, un constat revient constamment : les sites de pigistes, c’est bien, mais le réseautage, c’est mieux !
«J'ai utilisé les sites de pigistes au départ pour me trouver des contrats, explique une jeune femme dans le domaine des communications. Mais je n'en ai plus besoin maintenant. Après 7 ans à la pige, j'ai un bassin de clients assez large.» Elle affirme toutefois que ces sites sont «l’idéal pour se lancer à la pige et bâtir un réseau de contacts».
Une autre professionnelle des communications n’a pas eu autant de chance avec les sites de pigistes. «Ça ne m'a pas apporté grand-chose, confie-t-elle. Le réseautage et le bouche-à-oreille donnent de meilleurs résultats, à mon avis.»
C’est également le constat que dresse David Nathan, journaliste indépendant spécialisé en voyages et mode de vie. Je dirais que 90 % de mon volume d’affaires provient de clients déjà établis, que j’ai rencontrés dans des soirées ou que j’ai contactés directement, dit-il. Les sites Web, c’est un petit plus.»
Il ajoute toutefois que, puisque ces sites sont généralement gratuits pour ceux qui offrent leurs services, on ne perd rien à s’y inscrire.
Pour David Nathan, la clé pour réussir à la pige est avant tout de se faire connaître des clients potentiels. «C’est une accumulation de petites choses, dit-il. Il faut être sur Twitter, avoir un blogue, laisser sa carte professionnelle aux gens que l’on rencontre, être présent dans les événements, etc. La présence sur les sites de pigistes n’est qu’un outil parmi tant d’autres.»

