Une médaille d’or aux Jeux olympiques de Londres coûte environ 670 dollars… à fabriquer. Pour la remporter, c’est tout autre chose! C’est bien connu, on ne devient pas l’un des meilleurs sans y mettre les moyens.
En matière de subvention du sport d’excellence, le Canada peut dire un grand merci aux Jeux olympiques de Vancouver de 2010. Les deux principaux programmes de soutien aux athlètes canadiens d’envergure internationale, À nous le Podium et Vers l’excellence, ont été créés respectivement en 2005 et 2006 en vue des dernières olympiades d’été à Beijing (2008) et d’hiver, à Vancouver (2010).
L’objectif: gagner le plus grand nombre de médailles et finir dans le trio de tête au classement des médailles d’or des jeux paralympiques de 2010.
Les programmes ont presque atteint toutes ces cibles: seul bémol, le Canada a fini 19e à Beijing, au lieu de la 16e place visée…
Fort de ce succès, le gouvernement fédéral a décidé de mettre les bouchées doubles. Le budget du programme Vers l’excellence est passé de 8 M$ pour 2008-2009 à 15 M$ en 2009-2010, puis à 26 M$ par an en 2010-2011 et 2011-2012. À nous le podium a quant à lui reçu 36 M$ pour la période 2009-2012.
Canada modeste
Depuis les derniers Jeux olympiques d’été de 2008 à Beijing, ce sont donc environ 112 M$ de fonds publics fédéraux qui auront été consacrés à la préparation des 277 athlètes canadiens qui participent en ce moment aux Jeux de Londres.
Ça peut paraître beaucoup. C’est pourtant sans commune mesure avec les sommes dépensées dans beaucoup d’autres pays. En Italie, le budget du Comité olympique national a été de 447 M€ (550 M$) pour la seule année 2009 et pour 290 athlètes envoyés à Londres. En Australie, ce sont 130 M$ dépensés par l’État pour la même période et pour 410 athlètes sélectionnés.
La raison? La culture des commandites particulièrement intense en Amérique du Nord. Parmi les nombreuses entreprises canadiennes qui aident nos athlètes, Suncor, la CBC et RONA sont celles qui sortent le plus leur portefeuille.
Et les médailles?
Les sportifs canadiens qui monteront sur le podium d’ici le 12 août nous coûteront encore un petit supplément. Le Fonds d’excellence des athlètes prévoit en effet 20 000 $ pour chaque médaillé d’or, 15 000 $ pour l’argent et 10 000 $ pour le bronze. Là encore, c’est moins qu’ailleurs. La France prévoit 50 000 € , 20 000 € et 13 000 € pour ses vainqueurs alors que l’Italie sort le carnet de chèque, avec 140 000 € par médaille d’or (de 16 000 à 173 000 $). En Azerbaïdjan et Ouzbékistan, c’est 800 000 $ et 1 M$ pour une médaille d’or!
Si notre délégation canadienne égale le résultat de Pékin en 2008 et ramène 18 médailles de Londres, le coût sera donc d’à peu près 6,2 M$... sans compter les autres programmes publics de subvention du sport d’excellence, par exemple provinciaux.
C’est quand même 9 300 fois la valeur «marchande» des 394 g d’argent et des 6 g de placage d’or qui composent le modèle de médaille d’or utilisé à Londres.
Comme quoi, le prestige international coûte cher!
