À une semaine de la présentation du budget fédéral, de nouvelles données publiées par la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) montrent que la croissance du montant des prêts hypothécaires qu'elle assurera dans les prochaines années diminuera de façon importante.
Par exemple, de 2007 à 2010, le montant des prêts hypothécaires assurés par la SCHL a augmenté de 170 milliards de dollars. L'an dernier seulement, l'augmentation a été de 30 milliards.
Mais d'ici à 2016, la SCHL prévoit que le montant des prêts hypothécaires qu'elle assure ne va augmenter que de 40 à 45 milliards de dollars.
Le gouvernement fédéral a imposé un seuil limite de 600 milliards de dollars au total des prêts hypothécaires que peut assurer la SCHL. Cette somme sera atteinte en 2016, selon les prévisions de la SCHL.
Certains observateurs croient donc que le gouvernement va tenter de freiner le marché immobilier en imposant de nouvelles règles d'accession à la propriété, pour éviter une bulle immobilière semblable à celle qu'ont connue les États-Unis.
La vigueur du marché immobilier et l'endettement des ménages canadiens continuent en effet de susciter des inquiétudes
Toutefois, les intentions du ministre des Finances, Jim Flaherty, ne sont pas encore claires.
Jeudi, le ministre a semblé fermer la porte à une nouvelle action pour calmer le marché immobilier. Il a dit qu'il préfère que le marché se corrige lui-même.
Le ministre des Finances a reçu des avis partagés lors de sa rencontre avec des économistes le 5 mars, qui n'arrivaient pas à trancher pour décider s'il fallait ou non adopter des mesures pour freiner l'appétit des Canadiens pour l'immobilier et les nouvelles dettes.
La semaine dernière, l'économiste en chef de la Banque TD soutenait dans un rapport que la surévaluation du marché immobilier dans plusieurs villes canadiennes et l'endettement élevé des ménages représentent des risques réels pour l'économie canadienne.
La Banque du Canada a de son côté réitéré, avec sa déclaration sur le taux d'intérêt, qu'elle considérait l'endettement des ménages comme « le plus grand risque au pays ».
Un analyste de Capital Economics, David Madani, juge quant à lui qu'il pourrait déjà être trop tard pour resserrer les hypothèques et que les prix des maisons sont inévitablement appelés à chuter.
Avec les informations de Jean-Philippe Robillard
Radio-Canada.ca avec The Globe and Mail

